NSU Prinz : l’histoire de la voiture emblématique de la marque NSU

Vous êtes passionné par les petites voitures allemandes des années 50 à 70 et la marque NSU suscite votre curiosité ? Vous cherchez à comprendre l’histoire, la technique et l’héritage de la NSU Prinz, ce véhicule compact qui a marqué son époque. Cet article est conçu pour vous fournir un guide complet, riche en détails techniques et en anecdotes historiques. Vous y découvrirez comment un constructeur de machines à tricoter est devenu un géant de l’automobile, et comment la Prinz a su conquérir un public fidèle à travers le monde.

Plongez au cœur de l’épopée NSU et explorez :

  • L’histoire fascinante du constructeur NSU, de ses débuts industriels à sa renaissance automobile après-guerre.
  • Les caractéristiques techniques détaillées de chaque modèle, du premier bi-cylindre en ligne aux redoutables quatre cylindres des versions sport.
  • L’évolution du design, de la carrosserie inspirée de la Chevrolet Corvair à l’élégance du design italien de la Sport Prinz.
  • L’héritage sportif exceptionnel des modèles TT et TTS, dont les noms résonnent encore aujourd’hui chez Audi TT.
  • Les chiffres de production et les étonnantes fabrications sous licence qui ont diffusé la Prinz sur plusieurs continents.

Les origines de NSU et le virage automobile

De la machine à tricoter aux deux-roues

L’histoire de la NSU Motorenwerke AG débute en 1873, non pas avec une voiture, mais avec la fabrication de machines à tricoter. Installée à Neckarsulm en 1880, l’entreprise prend le nom de « Neckarsulmer Strickmaschinen Union », dont les initiales formeront le célèbre acronyme NSU. Très vite, la production se diversifie vers les motocyclettes au début du XXe siècle. La fabrication de voitures commence en 1905 avec des modèles sous licence. Après avoir vendu sa division automobile à Fiat en 1929 suite à des difficultés financières, NSU se concentre exclusivement sur les deux-roues, une stratégie qui fera de l’entreprise le plus grand constructeur de motos au monde à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

La renaissance automobile dans l’après-guerre

Les années 1950 en Allemagne de l’Ouest sont celles du « Miracle sur le Rhin » (Wirtschaftswunder). La prospérité grandissante de l’économie allemande modifie les aspirations : la demande de motocyclettes stagne au profit d’un désir croissant pour une véritable voiture. Pour NSU, alors au sommet de son art en tant que leader de l’industrie du deux-roues, cette transformation est une évidence. Le constructeur doit se réinventer et revenir à la fabrication de voitures pour assurer son avenir. C’est dans ce contexte de succès économique que NSU prépare son grand retour dans le secteur de l’automobile avec ce qui deviendra sa première voiture d’après-guerre.

Développement des premiers prototypes de voitures

Le retour à l’automobile ne fut pas un chemin direct. La direction a d’abord exploré le développement d’un véhicule à trois roues, la « Max Kabine », dérivée de la célèbre moto NSU Max. Les performances de ce prototype ne furent pas convaincantes. Fin 1955, le projet d’une voiture compacte à quatre roues est validé. Un défi colossal s’engage alors : transformer une usine de motocyclettes en une chaîne de production automobile moderne. Grâce à un prêt bancaire de 30 millions de Deutsche Marks garanti par le Land de Bade-Wurtemberg, l’extension est réalisée. Dès la mi-1956, les premiers prototypes de la future NSU Prinz, dotés d’un châssis monocoque et d’un moteur arrière refroidi par air, prennent la route pour des essais intensifs. Un an plus tard, en septembre 1957, le modèle de présérie est présenté au salon de Francfort, marquant la renaissance officielle de NSU comme constructeur automobile.

La NSU Prinz première génération : Prinz I, II, III et Prinz 30

Illustration pour voiture n s u

Lancement et caractéristiques initiales (1958-1960)

La production de la NSU Prinz I démarre en mars 1958. Cette première voiture de NSU depuis des décennies est une berline deux portes au design simple mais moderne. Elle est animée par un moteur bicylindre en ligne de 583 cm³ refroidi par air, développant une puissance de 20 ch. Installé en position de moteur arrière, il permet à la voiture d’atteindre une vitesse maximale de 105 km/h. La Prinz I est une version de base, très dépouillée, disponible uniquement en vert clair et équipée d’une boîte de vitesses non synchronisée. Son équipement rudimentaire et ses fenêtres coulissantes la destinaient à une clientèle cherchant l’essentiel pour un prix de 3 739 DM.

Évolutions et améliorations des Prinz II, Prinz 30 et Prinz III

Dès février 1959, NSU propose la Prinz II. Il s’agit de versions mieux équipées, avec une transmission entièrement synchronisée, un tableau de bord complet, des vide-poches, un intérieur plus cossu et des manivelles pour les vitres. La Prinz II est disponible dans une large palette de couleurs et séduit bien davantage la clientèle. En parallèle, la Prinz 30 est lancée pour ceux qui cherchent plus de puissance. Son moteur, grâce à un taux de compression plus élevé et un carburateur optimisé, délivre 30 ch, portant la vitesse maximale à 118 km/h. En septembre 1960, la Prinz III remplace la Prinz II, avec une puissance portée à 23 ch et des améliorations sur les suspensions avant et arrière pour un meilleur confort de conduite. Sur une période de quatre ans, 94 549 exemplaires de ces premiers modèles (Type 40) ont été produits, prouvant le succès économique du retour de NSU à l’automobile.

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Détails techniques et particularités des moteurs bicylindres

Pour vous qui êtes familier avec l’architecture d’un site web, la structure d’une NSU Prinz peut être vue comme une analogie technique. Le châssis monocoque et la carrosserie autoportante forment la structure HTML de base, solide et cohérente. Le cœur du système, le moteur bicylindre en ligne, est votre backend. Les premiers moteurs souffraient de vibrations, un peu comme un script JS non optimisé ; NSU a résolu cela avec des silentblocs plus performants, l’équivalent d’un patch de performance. Le Dynastart de Bosch, un alterno-démarreur combiné, agit comme un script fondamental tel que `jquery.js`, gérant des fonctions de base critiques. L’introduction de la transmission entièrement synchronisée sur la Prinz II s’apparente à l’ajout d’une bibliothèque comme `jquery-ui.js`, qui fluidifie les interactions (ici, les changements de vitesse) pour l’utilisateur. Chaque composant, du moteur à la boîte de vitesses, est une ressource chargée pour faire fonctionner l’ensemble, tout comme un navigateur charge `skin.css` ou `dnn.servicesframework.js` pour afficher une page fonctionnelle et stylisée.

La Sport Prinz : design italien et ambition sportive

Conception par Bertone et production

En 1958, NSU décide d’ajouter une touche de glamour à sa gamme. Le constructeur confie au célèbre designer Franco Scaglione du studio Bertone la création d’un coupé sport deux places. Le résultat est la NSU Sport Prinz, une voiture aux lignes fluides et élégantes, un pur exemple du design italien de l’époque. La production est singulière : les 250 premières carrosseries sont fabriquées par Bertone à Turin, puis la production est transférée à Neckarsulm chez le carrossier Drautz, qui sera plus tard racheté par NSU. Au total, 20 831 exemplaires de ce magnifique coupé seront produits entre 1958 et 1968.

Caractéristiques et performance

La Sport Prinz repose sur la plateforme technique de la Prinz de série. Elle est initialement équipée du moteur de 583 cm³, dans sa version 30 ch. Grâce à son poids plume et à son aérodynamisme soigné, la Sport Prinz revendique une vitesse maximale impressionnante de 160 km/h, une performance remarquable pour une si petite cylindrée. Son comportement routier vif et sa maniabilité en font une voiture plaisir, qui se distingue nettement des berlines dont elle dérive. Elle incarne l’ambition de NSU de ne pas se limiter aux petites voitures économiques, mais d’explorer aussi le domaine du sport.

La Sport Prinz, base de la NSU Spider Wankel

L’héritage de la Sport Prinz va bien au-delà de son élégante carrosserie. Sa structure saine et légère a servi de fondation pour une innovation technique majeure. En 1964, NSU lance la Spider, un cabriolet qui est la première voiture au monde à être commercialisée avec un moteur Wankel rotatif. C’est sur le châssis de la Sport Prinz que ce moteur révolutionnaire a été installé. La Sport Prinz n’était donc pas seulement une belle voiture, elle fut aussi le berceau d’une des plus grandes aventures technologiques de l’histoire de l’automobile.

La NSU Prinz 4 : la petite voiture populaire qui a conquis le monde

Un design modernisé inspiré de la Chevrolet Corvair

En 1961, NSU présente la Prinz 4 (Type 47), un modèle entièrement nouveau destiné à remplacer la première génération. Le changement est radical. La carrosserie, plus spacieuse et anguleuse, est l’œuvre du designer Claus Luthe. Son style est ouvertement inspiré de la Chevrolet Corvair américaine, avec sa ligne de ceinture courant sur tout le pourtour de la voiture. Ce design, souvent qualifié de « baignoire inversée », offrait une habitabilité record pour un véhicule compact de seulement 3,44 mètres de long. La NSU Prinz 4 a ainsi défini une nouvelle norme dans le segment des petites voitures.

Caractéristiques techniques et versions Prinz 4S et 4L

La NSU Prinz 4 conserve l’architecture à moteur arrière refroidi par air, mais avec une cylindrée portée à 598 cm³ pour une puissance de 30 ch. Ses suspensions à quatre roues indépendantes lui confèrent une excellente tenue de route. La vitesse maximale atteint 116 km/h. Dès 1965, la Prinz 4L vient compléter la gamme avec un équipement amélioré et des finitions plus soignées, consolidant son statut de voiture populaire mais bien construite. Avec son slogan « Fahre Prinz und du bist König » (« Conduisez une Prinz et vous serez roi »), NSU a parfaitement su capter l’air du temps.

Le succès commercial et la production sous licence

Le succès de la Prinz 4 est immense. En 12 ans, près de 570 000 unités sont produites. Elle devient l’une des voitures les plus populaires d’Europe, avec un succès particulièrement retentissant en Italie, où elle est massivement exportée. Son succès dépasse les frontières, avec une fabrication de modèles sous licence. En Yougoslavie, elle est assemblée par Pretis, en Argentine par Autoar, et en Égypte sous le nom de Ramses II. Fait plus surprenant, sa carrosserie a été copiée par le constructeur soviétique ZAZ pour son modèle 966, preuve de la pertinence de son design.

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Les NSU Prinz sportives : Prinz 1000, TT et TTS

L’introduction des moteurs quatre cylindres (Prinz 1000, 1000 C)

En 1963, NSU monte en gamme avec la Prinz 1000. Basée sur cette même carrosserie que la Prinz 4 mais allongée, elle abandonne le bi-cylindre en faveur d’un tout nouveau moteur quatre cylindres de 996 cm³, toujours refroidi par air et placé à l’arrière. Avec 40 ch, cette voiture offre des performances bien supérieures. En 1967, l’appellation « Prinz » disparaît et le modèle devient NSU 1000 ou 1000 C. Ces versions ont marqué une étape importante dans la stratégie du constructeur, visant le segment supérieur des berlines familiales compactes.

La NSU Prinz 1000 TT : l’esprit de compétition

L’esprit de compétitions de NSU, forgé sur les circuits de motocyclettes, trouve sa pleine expression en 1965 avec la Prinz 1000 TT. Le nom « TT » est un hommage direct au prestigieux Tourist Trophy de l’île de Man, où NSU a brillé. Équipée du moteur 1100 cm³ de 55 ch de la NSU Type 110, cette version se distingue par ses doubles phares ronds. Sa légèreté, sa maniabilité et son moteur nerveux en font une redoutable machine de sport, très appréciée des pilotes amateurs pour sa capacité à virer à plat et sa vivacité.

La NSU TT et l’évolution de la puissance

En 1967, la transformation continue. Le modèle perd l’appellation « Prinz 1000 » pour devenir simplement NSU TT. Son moteur passe à 1 177 cm³, et la puissance grimpe à 65 ch. La vitesse maximale atteint désormais 153 km/h. Cette voiture, souvent modifiée par des préparateurs pour atteindre des puissances bien supérieures, devient une icône sur les circuits et en courses de côte. Son moteur arrière procure des sensations de conduite uniques, et son look agressif avec le capot arrière maintenu entrouvert pour améliorer le refroidissement est resté dans les mémoires.

La légendaire NSU TTS : conçue pour la course

La version ultime arrive en février 1967 : la NSU TTS. Spécialement conçue pour la compétitions, elle revient à une cylindrée de 996 cm³ pour être éligible dans la catégorie des moins de 1 litre. Mais son moteur est radicalement différent : deux carburateurs double corps Solex et un taux de compression de 10,5:1 lui permettent de délivrer 70 ch, voire plus de 85 ch en version préparée. Avec un poids de seulement 700 kg, ses performances sont phénoménales. La TTS est une véritable bête de course qui a dominé sa catégorie en rallye et en slalom pendant des années, et son héritage sportif est immense.

L’héritage des noms TT et TTS chez Audi

L’héritage de ces versions sportives ne s’est pas éteint avec la fin de NSU. Lorsque Audi, qui a absorbé NSU en 1969, a lancé son coupé sport en 1998, le nom choisi fut un hommage direct à l’histoire de la marque de Neckarsulm. Le nom Audi TT et sa déclinaison plus puissante, l’Audi TTS, perpétuent la mémoire des victoires de NSU au Tourist Trophy et des performances des légendaires petites berlines sportives qui ont fait la gloire du constructeur.

La gamme NSU Prinz : chiffres clés et modèles dérivés

Production totale et exportations

Au total, ce sont 625 171 NSU Prinz qui sont sorties des chaînes de production de Neckarsulm, toutes versions confondues. Ce chiffre témoigne de l’immense succès économique de cette gamme de petites voitures. La Prinz a non seulement motorisé une grande partie de l’Allemagne durant la période de prospérité d’après-guerre, mais elle a aussi été largement exportée, notamment vers l’Italie, où son agilité et sa faible consommation ont séduit un large public. Cette voiture a durablement marqué le paysage automobile européen.

Les fabrications sous licence internationale (Yougoslavie, Argentine, Égypte, URSS)

La pertinence du concept de la NSU Prinz est également illustrée par sa production sous licence dans plusieurs pays. En Yougoslavie, l’usine Pretis de Sarajevo a assemblé des Prinz. En Argentine, c’est Autoar qui s’en est chargé. En Égypte, la Ramses II était une copie directe de la Prinz 4. Le cas le plus notable reste celui de l’URSS : le constructeur ZAZ s’est très largement inspiré de la carrosserie de la Prinz 4 pour concevoir sa ZAZ 966. Bien que la mécanique fût différente, la filiation esthétique est indéniable, prouvant que le design de la petite NSU avait une portée véritablement internationale.

Tableau récapitulatif des spécifications techniques par modèle

ModèleMoteurPuissanceVitesse Max.PoidsProduction
Prinz I / IIBi-cylindre 583 cm³20 ch105 km/h510/520 kg33 548
Prinz IIIBi-cylindre 583 cm³23 ch110 km/h540 kg25 177
Prinz 30Bi-cylindre 583 cm³30 ch120 km/h565 kg30 678
Sport PrinzBi-cylindre 583 cm³30 ch160 km/h560 kg20 831
Prinz 4 / 4LBi-cylindre 598 cm³30 ch116 km/h560 kg~570 000
Prinz 1000 / 1000 C4 cylindres 996 cm³40 ch130 km/h620/640 kg207 428
1000 TT (1.1L)4 cylindres 1085 cm³55 ch148 km/h640 kg14 292
TT (1.2L)4 cylindres 1177 cm³65 ch153 km/h675 kg49 327
TTS4 cylindres 996 cm³70 ch155 km/h700 kg2 402

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