Longtemps restée dans l’ombre de sa célèbre aînée, la 2CV, et de sa fantasque devancière, l’Ami 6, la Citroën Ami 8 s’impose aujourd’hui comme un choix de premier ordre pour les amateurs de voitures bicylindres. Cette merveilleuse voiture, qui a fêté ses 50 ans, est bien plus qu’une simple évolution ; elle représente l’apogée de la gamme des petites Citroën. Si vous cherchez une automobile de collection à la fois attachante, fiable et pleine de caractère, vous êtes au bon endroit. L’Ami 8 est peut-être la voiture qu’il vous faut.
Découvrez dans ce guide tout ce que vous devez savoir sur cette automobile attachante :
- Son histoire et les raisons de sa conception pour « Sauver le soldat Ami ».
- Ses qualités techniques qui en font une « grosse 2CV » redoutablement efficace.
- Les détails de ses différentes carrosseries et de sa version survitaminée, l’Ami Super.
- Des conseils pour l’acquérir et l’entretenir, et lui assurer une grande valeur patrimoniale.
De l’Ami 6 à l’Ami 8 : la genèse d’un restylage salvateur
Un style particulier : le défi de l’Ami 6
Pour comprendre la naissance de l’Ami 8, il faut revenir sur l’histoire de sa devancière, l’Ami 6. Lancée en 1961, cette voiture, dessinée par le génial Flaminio Bertoni, avait pour mission de combler le vide dans la gamme Citroën entre la populaire 2CV et la luxueuse DS. Si ses qualités techniques étaient indéniables, son style, lui, était pour le moins clivant. La fameuse vitre arrière inversée de la berline, ce « style en Z », bien que dicté par des contraintes d’habitabilité et de coût, a dérouté une large partie de la clientèle. L’Ami 6 mal aimée peinait à s’imposer, et la baisse des ventes devenait préoccupante pour Citroën au milieu des années 60.
Les contraintes économiques et l’attente des futurs modèles Citroën
À cette époque, les bureaux d’études de Citroën tournaient à plein régime. D’énormes moyens financiers étaient investis dans des projets d’avenir, comme le développement de moteurs à piston rotatif, le projet G (la future GS) et le projet L (la future CX). Il ne restait donc qu’un budget très limité pour développer une nouvelle berline de milieu de gamme. La solution fut de faire du neuf avec du vieux. L’Ami 8 a donc joué le rôle de voiture de transition, un « sparadrap » ingénieux pour prolonger la vie du modèle et maintenir une présence sur ce segment concurrentiel en attendant la révolutionnaire GS.
Un design modernisé par Robert Opron

Une silhouette adoucie et plus conventionnelle
La tâche de rajeunir l’Ami 6 fut confiée au designer Robert Opron, successeur de Bertoni. Avec des moyens limités, il a opéré une véritable cure de jouvence. Fini la lunette arrière inversée ! Opron a dessiné une ligne de toit fuyante, beaucoup plus douce et conventionnelle, donnant naissance à une berline semi-fastback. Ce profil plus moderne et moins baroque a marqué un « retour à la normale » stylistique. Le nom « Ami 8 » fut choisi pour marquer une évolution et une montée en gamme par rapport à l’Ami 6. La conception de la face avant fut aussi retouchée, avec un capot plongeant et une calandre plus discrète, intégrant mieux les phares. Le résultat était une voiture plus consensuelle, prête à séduire un public plus large.
Le succès du break Ami 8
Le succès de l’Ami 8 doit beaucoup à sa version break. Déjà très appréciée sur l’Ami 6, la carrosserie break fut reconduite presque à l’identique sur l’Ami 8 dès mars 1969. Avec son immense volume de chargement et sa modularité, elle répondait parfaitement aux besoins des familles et des artisans. Cette version pragmatique et élégante a largement contribué à la popularité de la voiture, représentant une part très significative de la production totale des Ami 8.
Caractéristiques techniques : la « grosse 2CV » sur route
Le moteur bicylindre M28 : puissance et fiabilité
Sous son capot, l’Ami 8 cachait une mécanique bien connue des amateurs de Citroën : le fameux moteur M28, un bicylindres à plat refroidi par air de 602 cm³. Développant 35 chevaux SAE, ce moteur simple et robuste était une évolution directe de celui de la 2CV. Bien que sa puissance puisse paraître modeste, elle suffisait à emmener la voiture à une vitesse honorable pour l’époque. Sa grande fiabilité, sa facilité d’entretien et sa consommation raisonnable étaient ses principaux atouts, fidèles à la philosophie des petites Citroën.
Une tenue de route et un confort appréciés
Si on la surnommait la « grosse 2CV« , c’est qu’elle en reprenait les choix techniques fondamentaux, notamment sa suspension à grand débattement. Son comportement routier était remarquable. Contrairement aux idées reçues, l’Ami 8 n’est pas une voiture lente ; elle est surtout incroyablement stable, endurante et confortable. Sa tenue de route est sécurisante, même sur les routes dégradées. Pour beaucoup, elle est la plus aboutie des voitures à moteur bicylindres de la marque, offrant un agrément de conduite qui surprend encore aujourd’hui. Elle est une excellente voiture populaire qui possède une grande valeur patrimoniale.
L’Ami Super : une tentative de montée en gamme audacieuse
L’intégration du moteur de la GS
En 1973, alors que la GS était bien installée sur le marché, Citroën a décidé de « muscler » sa gamme en lançant l’Ami Super. L’idée était audacieuse : greffer le moteur quatre cylindres à plat de 1 015 cm³ de la GS dans le châssis de l’Ami 8. Avec ses 55 chevaux, l’Ami Super se transformait en une véritable petite bombe, capable de performances étonnantes. Extérieurement, peu de détails la distinguaient de l’Ami 8 classique, ce qui en faisait une « sleeper » très discrète. Le prototype M35, avec son moteur rotatif, avait déjà ouvert la voie à des expérimentations sur cette base.
Un échec commercial face à la crise pétrolière
Malheureusement, le lancement de l’Ami Super coïncida avec la crise pétrolière de 1973. L’augmentation brutale du prix du carburant a rendu sa consommation, nettement supérieure à celle du bicylindres, rédhibitoire pour sa clientèle cible. Face à des ventes décevantes, Citroën a stoppé la production de l’Ami Super en 1976, après seulement trois ans de commercialisation. Elle reste aujourd’hui une version rare et recherchée par les collectionneurs.
Production et impact international de l’Ami 8
Les sites de fabrication : France, Espagne, Argentine, Portugal
L’Ami 8 n’a pas été produite qu’en France. Entre ses dates de production de 1969 à 1978, un total de 755 925 exemplaires sont sortis des chaînes de montage. Le site principal était celui de Rennes-La Janais en France, mais la voiture a également été assemblée à Vigo en Espagne, à Mangualde au Portugal, et même à Buenos Aires en Argentine, témoignant de son ambition internationale.
Le rayonnement de l’Ami 8 en Amérique du Sud
Le succès de l’Ami 8 a été particulièrement marquant en Argentine. Adaptée aux conditions routières locales, sa robustesse et sa suspension en ont fait une voiture très appréciée. Là-bas, elle a poursuivi sa carrière sous des formes spécifiques, notamment avec des carrosseries locales, et a marqué durablement le paysage automobile du pays. Elle y a laissé une empreinte patrimoniale forte.
L’Ami 8 aujourd’hui : collection et patrimoine
Pourquoi l’Ami 8 est de nouveau prisée des collectionneurs
Après des années d’oubli, l’Ami 8 connaît un regain d’intérêt mérité. Les collectionneurs redécouvrent une voiture fiable, économique à l’usage et à l’entretien, et qui offre un plaisir de conduite authentique. Sa cote reste encore accessible, ce qui en fait un excellent point d’entrée dans le monde de la collection Citroën. Sa valeur patrimoniale est aujourd’hui reconnue, et posséder une Ami 8, c’est préserver un morceau de l’histoire automobile française.
Guide d’entretien et de restauration pour votre Ami 8
Vous êtes séduit par l’Ami 8 et envisagez d’en acquérir une ? Pour vous accompagner, un ouvrage de référence existe. Rédigé par le spécialiste Christophe Agogué et publié par les « Editions du passereau », le livre « Citroën Ami 8 : la plus aboutie des voitures bicylindres » est une mine d’informations. Sur 110 pages, vous y trouverez l’histoire de sa conception, le détail de ses qualités, la présentation des différentes carrosseries, un focus sur l’Ami Super et même des informations sur le prototype M35. Ce livre, disponible en stock au prix de 25,00 €, vous donnera toutes les clés pour comprendre et apprécier cette merveilleuse voiture. (Dimensions : 21 x 29,7 cm, EAN : 9782956503323).
Pour la restauration, la disponibilité des pièces est un atout majeur. La mécanique, très proche de celle de la 2CV, ne pose aucun problème. Un point de vigilance courant concerne le carburateur. Pour garantir un fonctionnement optimal de votre moteur, une bonne isolation thermique est primordiale. Voici un exemple de pièce détachée indispensable :
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Référence | 122004 |
| Compatibilité | Citroën 2CV, Ami 8 et dérivés équipés de carburateurs SOLEX 26/28 CBI ou IBC. |
| État | Neuf |
| Prix public | 4,90 € |
| Votre prix | 4,41 € (soit 10 % d’économie) |
Cette pièce, comme de nombreuses autres, vous permettra de maintenir votre Ami 8 en parfait état de marche. Jusqu’à la dernière vis, votre voiture mérite le meilleur pour continuer à vous emmener loin, très loin.





