BMW M1, la supercar iconique de Motorsport

Vous êtes sur le point de plonger dans l’histoire de l’une des automobiles les plus fascinantes jamais produites par BMW. La BMW M1 n’est pas juste une voiture ; c’est une légende née d’une ambition folle, d’un design italien flamboyant et d’une ingénierie allemande sans compromis. Oubliez tout ce que vous pensez savoir sur les BMW classiques. La M1 est une bête à part, un modèle d’automobile conçu pour la piste mais homologué pour la route, dont l’échec commercial initial a paradoxalement forgé le mythe. Préparez-vous à découvrir la genèse, la mécanique et l’héritage de cette supercar allemande au destin hors du commun.

  • Une naissance compliquée : Découvrez comment une collaboration avortée avec Lamborghini a donné naissance à une chaîne de production éclatée mais fascinante.
  • Un cœur d’athlète : Plongez au cœur du légendaire moteur M88, un 6 cylindres en ligne qui a défini la performance chez BMW Motorsport pour les années à venir.
  • Une icône de la course : Revivez l’épopée du championnat BMW M1 Procar, où les plus grands pilotes de F1 s’affrontaient au volant de versions démoniaques de la M1.
  • Un investissement passion : Comprenez pourquoi ce modèle d’automobile sportive, produit à seulement 455 exemplaires, est aujourd’hui une pièce maîtresse dans toute collection de prestige, atteignant des sommets lors des ventes aux enchères.

Genèse d’une supercar: du concept Turbo à la M1

L’histoire de la BMW M1 commence bien avant sa présentation officielle. Remontons en 1972, au salon de Genève. BMW y dévoile un concept spectaculaire : la BMW Turbo « Studie ». Dessinée par le talentueux Paul Bracq, cette étude de style n’est pas destinée à la production. Elle sert de laboratoire roulant pour explorer de nouvelles technologies, notamment en matière de sécurité. Avec son centre de gravité très bas, ses zones de déformation et ses premiers systèmes d’aide à la conduite comme l’ABS, elle est très en avance sur son temps. Son châssis tubulaire est même étudié par Lamborghini. Malheureusement, le choc pétrolier de 1973 met un frein brutal au projet. Il faudra attendre 1977 pour que Jochen Neerspach, patron de la toute nouvelle division BMW Motorsport, relance l’idée d’une supercar à moteur central, sous le nom de code E26. La BMW M1 était née, première du nom à porter le blason « M ».

Une collaboration complexe et une production éclatée

Illustration pour auto bmw m1

Pour développer sa voiture de sport, BMW se tourne vers l’Italie. L’idée initiale est de confier la conception du châssis et l’assemblage à Lamborghini, réputé pour son expertise des voitures à moteur central arrière. Le design de la carrosserie est quant à lui confié au maître Giorgetto Giugiaro et son bureau de style italien, Italdesign. Les difficultés financières de Lamborghini font capoter l’accord. BMW Motorsport doit improviser une chaîne de production pour le moins originale. Le cadre spatial tubulaire est fabriqué par Marchesini à Modène. Les panneaux de carrosserie en fibre de verre sont produits par T.I.R., une autre entreprise italienne. Italdesign assemble ensuite la carrosserie sur le châssis. Enfin, les voitures sont expédiées en Allemagne, chez Baur à Stuttgart, pour recevoir leur mécanique et leurs finitions. Un véritable puzzle industriel européen qui rend chaque exemplaire encore plus unique.

Le lancement et le positionnement tarifaire de la M1

La BMW M1 est officiellement présentée au public au Salon de Paris en octobre 1978. L’accueil est dithyrambique. Son design acéré et sa fiche technique impressionnent. Mais son prix refroidit les ardeurs. Affichée à 113 000 Deutsche Mark en 1979, elle est la voiture allemande la plus chère de son époque. Ce tarif exorbitant, combiné aux retards de production, la condamne à un échec commercial. Les ventes peinent à décoller, et BMW ne parviendra jamais à atteindre le volume nécessaire pour l’homologation rapide en Groupe 4. Cet insuccès commercial est aujourd’hui une bénédiction pour les collectionneurs, garantissant une rareté extrême.

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L’esthétique signée Giugiaro et ses caractéristiques uniques

Le design de la M1 est une pure merveille des années 70, un chef-d’œuvre de Giugiaro. Très basse (1,14 m), large et anguleuse, sa silhouette respire la vitesse. La carrosserie en fibre de verre permet des lignes tendues et un poids contenu. À l’avant, le nez plongeant est équipé de phares escamotables, une première pour BMW, qui améliorent l’aérodynamisme. Le profil est marqué par des extracteurs d’air noirs et les deux logos BMW sur la partie arrière, un clin d’œil au concept Turbo. La lunette arrière à persiennes est une autre signature stylistique forte. De nombreux exemplaires arborent fièrement les fameuses rayures tricolores BMW Motorsport, soulignant leur ADN de course. La peinture blanche est l’une des teintes les plus emblématiques de ce modèle d’automobile.

Un intérieur fonctionnel et orienté pilote

À l’intérieur, pas de fioritures. L’habitacle de la BMW M1 est sobre, fonctionnel et entièrement tourné vers le pilotage. Le tableau de bord, souvent gainé de cuir, est d’une simplicité toute germanique. Les compteurs sont clairs et lisibles. Les sièges baquets offrent un excellent maintien, indispensable au vu des performances de l’engin. On y trouve une boîte de vitesses manuelle à la grille précise et un volant trois branches typique de la division Motorsport. Chaque détail est pensé pour le sport, même si quelques équipements de confort comme la climatisation étaient disponibles, un luxe pour une supercar de cette période.

Architecture et châssis: une base taillée pour la performance

La BMW M1 repose sur une architecture digne d’une voiture de course. Le châssis est un cadre spatial tubulaire en acier, offrant une rigidité exceptionnelle pour un poids de 1300 kg. Le moteur central arrière assure une répartition des masses quasi parfaite. Les suspensions à double triangulation réglables à l’avant comme à l’arrière sont directement issues de la compétition. Pour parfaire l’équilibre, deux réservoirs de 58 litres sont placés de chaque côté du moteur. Le freinage est confié à quatre généreux disques ventilés. Cette base technique ultra performante faisait de la M1 une voiture de sport redoutable d’efficacité sur route comme sur circuit.

Le cœur de la bête: le moteur M88 à six cylindres en ligne

Le joyau de la M1 se trouve sous son capot arrière : le mythique moteur M88. Ce 6 cylindres en ligne de 3 453 cm³ est un chef-d’œuvre de l’ingénierie Motorsport. Doté d’une culasse à 24 soupapes (4 soupapes par cylindre), une technologie rare à l’époque, d’une injection mécanique Kugelfischer et d’une lubrification par carter sec, il est taillé pour les hauts régimes. Dans sa version routière, ce moteur six cylindres développe une puissance de 277 chevaux à 6 500 tr/min et un couple de 330 N·m. Une symphonie mécanique qui propulsait la M1 dans une autre dimension. Ce moteur exceptionnel servira de base aux futures M635 CSi et à la première M5 (E28).

Fiche technique détaillée de la BMW M1 de série

CaractéristiqueValeur
MoteurM88, 6 cylindres en ligne
PositionMoteur central arrière, longitudinal
Cylindrée3 453 cm³
DistributionDouble arbre à cames en tête, 4 soupapes par cylindre
Puissance max.277 ch (204 kW) à 6 500 tr/min
Couple max.330 N·m à 5 000 tr/min
TransmissionPropulsion, boîte de vitesses manuelle 5 rapports
ChâssisCadre spatial tubulaire en acier
CarrosserieCoupé 2 portes, en fibre de verre
Poids à vide1 300 kg
Vitesse maximale262 km/h
Accélération 0 à 100 km/h5,6 secondes

Des performances routières remarquables pour l’époque

Sur la route, la BMW M1 offrait des performances de premier plan. Avec une vitesse maximale de 262 km/h et une accélération 0 à 100 km/h en 5,6 secondes, elle était la voiture de sport de série la plus rapide produite par un constructeur allemand jusqu’en 1983. Les essayeurs de l’époque louaient son comportement routier exceptionnel, son équilibre parfait et la sonorité envoûtante de son 6 cylindres. Conduire une M1, c’est piloter une voiture de course civilisée, une expérience pure et sans filtre, dénuée de tout systèmes d’aide à la conduite modernes.

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Objectif homologation: de la piste au rallye

La raison d’être de la BMW M1 était la compétition et l’homologation en Groupe 4. Pour y parvenir, BMW devait produire 400 exemplaires de la version routière. Les retards de production ont compromis cet objectif. Pour ne pas laisser son monstre dormir au garage, BMW a eu une idée de génie : créer son propre championnat. Le projet d’une version course Groupe 5 de 850 ch n’a jamais vraiment abouti, mais la M1 a trouvé sa voie sur d’autres terrains, y compris en rallye.

Le championnat BMW M1 Procar: une vitrine exceptionnelle

Le Championnat BMW M1 Procar (1979-1980) reste l’un des chapitres les plus glorieux de l’histoire du sport automobile. Disputé en lever de rideau des Grands Prix de Formule 1 européens, il mettait aux prises les plus grands pilotes de F1 (Niki Lauda, Nelson Piquet, Mario Andretti…) au volant de BMW M1 Procar préparées. La version course atmosphérique développait 470 ch. Ce championnat offrait un spectacle incroyable et une publicité fantastique pour ce modèle d’automobile, forgeant sa légende sur les circuits les plus prestigieux du monde.

Palmarès et victoires emblématiques en sport automobile

Au-delà du Championnat Procar, la M1 a brillé dans de nombreuses épreuves d’endurance. Sa robustesse et sa vitesse lui ont permis de s’illustrer dans des courses mythiques. Parmi ses faits d’armes, on peut citer :

  • Une 6ème place au général aux 24 Heures du Mans en 1979.
  • La victoire aux 1 000 kilomètres de Kyalami en 1979.
  • Une 6ème place aux 24 Heures de Daytona en 1981.
  • Des victoires en Deutsche Rennsport Meisterschaft (DRM) en 1981 avec Hans-Joachim Stuck.
  • De nombreuses victoires en Groupe B dans le championnat du monde des voitures de sport entre 1982 et 1984.

La BMW M1 en rallye et en course de côte

Même si son gabarit semblait peu adapté aux spéciales étroites, la BMW M1 a connu une carrière honorable en rallye. Homologuée en Groupe B, elle a fait des apparitions remarquées. L’équipe française Oreca en a engagé une pour Bernard Béguin, qui a décroché une superbe deuxième place au Rallye d’Antibes en 1984. La M1 s’est montrée encore plus redoutable en course de côte, où sa puissance et son équilibre faisaient des merveilles, remportant trois titres au Championnat d’Europe de la Montagne.

Une production limitée, un mythe créé

Entre 1978 et 1981, seuls 455 exemplaires de la BMW M1 ont été assemblés à la main. Cette production confidentielle, couplée à son histoire rocambolesque et à son pedigree en sport automobile, a transformé cet échec commercial en un mythe absolu. Chaque exemplaire est aujourd’hui une pièce d’histoire, un témoignage d’une époque où l’audace et la passion primaient sur les études de marché. Posséder une M1, c’est détenir un morceau de la légende de BMW Motorsport.

La M1 aujourd’hui: un youngtimer très recherché

Quarante ans après sa sortie, la M1 est l’un des « youngtimers » les plus désirables et les plus cotés du marché. Le prix de ce type de véhicule dans les ventes aux enchères peut dépasser les 500 000 euros pour les plus beaux exemplaires. Pour vous, collectionneur averti, l’authenticité est primordiale. Recherchez un véhicule avec un dossier historique complet, incluant le dossier historique de factures qui retrace son entretien. La présence de la trousse à outils d’époque, souvent dans un état proche du neuf, est un plus indéniable. C’est un investissement sûr, une icône dont la valeur ne cesse de grimper.

Le concept BMW M1 Hommage: un héritage intemporel

En 2008, pour célébrer les 30 ans de sa supercar, BMW a dévoilé le spectaculaire concept M1 Hommage. Cette étude de design réinterprète les lignes de l’originale avec une touche de modernité, prouvant que le dessin de Giugiaro est intemporel. Bien que ce concept ne soit jamais entré en production, il a ravivé la flamme et rappelé au monde entier l’importance de la BMW M1 dans le patrimoine de la marque. Un hommage vibrant à la première et unique supercar de BMW.

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