La General Lee : icône de « Shérif, fais-moi peur »

Vous rêvez de la General Lee, la voiture mythique de la série « Shérif, fais-moi peur » ? Vous n’êtes pas seul. Cette Dodge Charger de 1969, avec sa couleur orange flamboyante et ses sauts monstrueux, a marqué toute une génération. Plus qu’un simple véhicule, elle est un symbole de liberté, de rébellion et d’une époque révolue de la télévision américaine. Cet article est votre guide ultime pour tout savoir sur cette légende automobile.

  • Son identité : Découvrez les origines de la Dodge Charger, une pure muscle car, et comment elle est devenue la General Lee.
  • Ses secrets de tournage : Plongez dans les coulisses des cascades spectaculaires, des centaines de voitures utilisées et des astuces de la production.
  • Son héritage : Explorez sa valeur pour les collectionneurs, ses apparitions au-delà de la série et la controverse autour de son drapeau confédéré.
  • L’univers de Hazzard : Redécouvrez les autres véhicules qui ont peuplé les routes du comté, notamment la fameuse Dodge Monaco County Sheriff de Rosco Coltrane.

La naissance d’une légende automobile

La Dodge Charger, une muscle car mythique

Avant d’être la star du comté de Hazzard, la Dodge Charger était déjà une icône. Lancée en 1966 pour concurrencer la Ford Mustang, elle incarnait la quintessence de la muscle car, terme anglophone désignant ces coupés américains surpuissants. Le modèle qui nous intéresse, la Dodge Charger de 1969, appartient à la deuxième génération, reconnaissable à sa silhouette en « bouteille de Coca-Cola » qui a fait son succès. Sous son capot vrombissait un puissant moteur V8 big block, souvent le fameux HEMI de 7.0L développant 425 chevaux. La General Lee une Dodge, et pas n’importe laquelle : un symbole de puissance brute et de design agressif, le choix parfait pour les cousins Duke.

« Shérif, fais-moi peur », le succès d’une série culte

Diffusée sur CBS de 1979 à 1985, la série télévisée américaine « The Dukes of Hazzard », connue en France sous le nom de « Shérif, fais-moi peur », a connu un succès phénoménal. Créée par Gy Waldron, la série raconte les aventures de Bo et Luke Duke, deux cousins justiciers luttant contre le corrompu Boss Hogg et son homme de main, le shérif Rosco Coltrane. Le secret de son succès ? Des histoires familiales, de l’humour bon enfant et, surtout, des cascades en voiture à couper le souffle. Au cœur de chaque épisode, les courses-poursuites entre la General Lee et les voitures de police ont captivé des millions de téléspectateurs, faisant de la voiture la véritable héroïne de la série. La série est diffusée pendant sept saisons, totalisant 147 épisodes qui ont cimenté son statut de culte.

L’origine du nom « General Lee » et de ses symboles

Le nom « General Lee » n’a pas été choisi au hasard. Il s’agit d’un hommage direct à Robert Lee, le général en chef des armées des États confédérés durant la guerre de Sécession. Cette idée est inspirée du film-pilote « Moonrunners » (1975), qui a servi de base à la série. Dans ce film, le héros nommait sa voiture « Traveller », qui était aussi le nom du cheval du général Lee. Les producteurs ont conservé la référence historique. Sur le toit de la voiture, on retrouve donc le drapeau des États confédérés d’Amérique, ou « Stars and Bars », accompagné de l’inscription « General Lee ». Cet emblème, associé au chiffre « 01 » sur les portes, a forgé l’identité visuelle inoubliable de ce bolide.

Description et caractéristiques de la General Lee

Illustration pour voiture sherif fait moi peur

Un design orange inoubliable

La première chose qui frappe lorsque l’on voit la General Lee est sa couleur orange vif, officiellement appelée « Hemi Orange ». Cette teinte éclatante la rendait parfaitement identifiable lors des poursuites effrénées dans la poussière des routes de Hazzard. À cela s’ajoute le célèbre « 01 » peint en noir avec une bordure blanche sur chaque portière, un numéro de course qui renforce son image de bête de compétition. Ces éléments, combinés au drapeau confédéré sur le toit, ont créé une esthétique unique qui est entrée dans la culture populaire.

Les portières soudées : une anecdote de tournage devenue signature

L’une des particularités les plus mémorables de la General Lee est ses portes soudées, obligeant les frères Duke à entrer et sortir en glissant par les fenêtres. Cette signature n’était pas prévue au départ. Lors du tournage des premiers épisodes, la poignée de porte côté passager a été endommagée. L’acteur Tom Wopat (Luke Duke), au lieu d’attendre une réparation, a improvisé en sautant par la fenêtre. Le réalisateur a adoré l’idée, qui renforçait l’image rebelle des personnages. La décision fut prise : les portes seraient désormais considérées comme soudées, créant un geste iconique reproduit par des milliers de fans.

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Le klaxon « Dixie » et ses particularités

Impossible d’évoquer la General Lee sans parler de son klaxon. Celui-ci joue les douze premières notes de la chanson « Dixie », un hymne populaire dans les États du Sud et un chant de ralliement des soldats confédérés. Ce détail sonore ancre encore plus la voiture dans son héritage sudiste. Dans la série, ce klaxon servait souvent de signal, de provocation envers Boss Hogg et Rosco, ou simplement de cri de victoire après une cascade réussie. C’est un élément sonore aussi reconnaissable que la voiture elle-même.

Sous le capot : puissance et moteur V8 Hemi

La General Lee une Dodge Charger, et elle en a la mécanique. Pour les besoins de la série, la voiture était censée être équipée d’un moteur V8 big block HEMI de 426 pouces cubes (7.0L) ou d’un moteur 440 Magnum (7.2L), modifié par Cooter Davenport pour atteindre une puissance d’au moins 425 chevaux. Dans les faits, les voitures utilisées pour le tournage avaient différentes motorisations. Les modèles R/T plus puissants étaient réservés aux gros plans, tandis que les voitures destinées aux cascades étaient souvent des versions plus modestes. Toutes étaient équipées d’une transmission automatique pour faciliter la conduite lors des scènes d’action. Qu’elle roule à l’essence ou à l’alcool de contrebande, sa puissance était légendaire.

Cascades spectaculaires et coulisses de tournage

Le défi technique des sauts et des poursuites

Les sauts de la General Lee sont légendaires. Pour réaliser ces cascades spectaculaires, les équipes de production devaient relever d’énormes défis. Une Dodge Charger de série n’est pas équilibrée pour le vol. Pour éviter qu’elle ne pique du nez, le coffre était lesté avec des centaines de kilos de sable ou de béton (environ 250 kg pour les petits sauts, le double pour les plus grands). L’avant de la voiture était également surélevé. Malgré ces ajustements, le comportement du véhicule restait imprévisible, et chaque atterrissage causait des dommages structurels irréparables. Un système de blocage des roues était aussi installé pour permettre les fameux dérapages à 180 degrés.

Des centaines de General Lee « sacrifiées » pour la série

La consommation astronomique de voitures est l’un des faits les plus connus de « Shérif, fais-moi peur ». On estime qu’entre 256 et 321 Dodge Charger ont été utilisées au cours des sept saisons. En moyenne, une à deux voitures étaient détruites par épisode. Le premier exemplaire utilisé, surnommé « LEE 1 », a effectué le saut le plus célèbre, celui au-dessus d’une voiture de police dans le générique. Il a été immédiatement mis hors service. Trouver des Dodge Charger de 1969 est devenu un véritable casse-tête pour la production, qui a dû se rabattre sur des modèles de 1968 et 1970, modifiés pour ressembler à l’originale.

Les astuces des cascadeurs et des équipes de production

Si les acteurs principaux, John Schneider et Tom Wopat, réalisaient une grande partie de leurs cascades au volant, les sauts monstrueux étaient confiés à des professionnels. Trois caméras filmaient chaque cascade pour maximiser les chances d’obtenir le plan parfait. Pour préserver le stock de Dodge, les voitures endommagées étaient souvent cannibalisées pour leurs pièces. Les éléments d’identification étaient retirés avant de les envoyer à la casse, afin de garder secret le sort des véhicules. Face à la pénurie, la production a même engagé des pilotes pour survoler le pays à la recherche de Charger à acheter.

Quand les maquettes remplacent les vraies voitures

Vers la fin de la série, en 1985, la difficulté à trouver des Dodge Charger et le coût exorbitant des cascades ont poussé Warner Bros. à changer de méthode. La production s’est tournée vers l’utilisation de maquettes et de modèles réduits pour les scènes de sauts. Cette technique, bien que courante à Hollywood, a été mal perçue par les fans. Les sauts sont devenus invraisemblables, et la série a perdu une partie de ce qui faisait son charme et sa crédibilité, contribuant à son arrêt la même année.

La General Lee au-delà de la série

Ses apparitions dans d’autres œuvres (cinéma, musique, jeux vidéo)

La popularité de la General Lee ne s’est pas arrêtée avec la fin de la série. Elle est réapparue dans plusieurs téléfilms de réunion (« Shérif Réunion » en 1997, « Les Duke à Hollywood » en 2000). Elle est bien sûr la star de l’adaptation cinématographique, le film « Shérif, fais-moi peur » de 2005. Elle a également fait des caméos dans des séries comme « Les Simpson » ou « Paradise Police ». Dans le monde de la musique, Johnny Cash lui a dédié une chanson, « The General Lee ». Enfin, plusieurs jeux vidéo ont permis aux fans de prendre son volant, comme « Shérif, fais-moi peur : Le Retour de General Lee » sur PlayStation 2 et Xbox.

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Un objet de collection très prisé : rareté et valeur

Aujourd’hui, la General Lee est un des objets de collection les plus recherchés de la culture automobile. Sur les centaines de voitures utilisées, moins d’une vingtaine d’exemplaires originaux auraient survécu. Leur valeur est considérable. Le « LEE 1 », retrouvé chez un ferrailleur, a été acheté aux enchères par le golfeur Bubba Watson pour 110 000 dollars en 2012. L’acteur John Schneider (Bo Duke) a lui-même vendu un de ses modèles pour près de 500 000 dollars. Dans les années 2000, le prix d’un modèle General Lee coûte entre 100 000 et 150 000 dollars, et sa valeur ne cesse de grimper auprès des collectionneurs.

Les propriétaires célèbres et les répliques fidèles

Outre Bubba Watson et John Schneider, d’autres célébrités comme le musicien Kid Rock possèdent des exemplaires de la General Lee. Mais la passion ne se limite pas aux stars. Partout dans le monde, des fans construisent des modèles répliqués de la célèbre Dodge Charger. Des entreprises spécialisées et des clubs de passionnés, comme le North American General Lee Fan Club, se consacrent à la documentation et à la restauration de ces voitures, perpétuant la légende de la plus célèbre des muscle car du petit écran.

La controverse autour du drapeau confédéré

L’emblème contesté sur le toit de la General Lee

Le drapeau des États confédérés d’Amérique, fièrement arboré sur le toit de la General Lee, est au cœur d’une vive controverse. Pour les créateurs de la série et de nombreux fans, il représente un symbole de l’héritage sudiste et de l’esprit rebelle des Duke. Pour d’autres, ce drapeau est un emblème raciste, associé à l’esclavage et à la ségrégation, rappelant une période sombre de l’histoire américaine liée à la guerre de Sécession.

Les réactions et décisions suite à la polémique de 2015

La controverse a atteint son paroxysme en juin 2015, après la fusillade de l’église de Charleston, un crime haineux commis par un suprémaciste blanc qui posait avec le drapeau confédéré. En réponse à l’indignation publique, Warner Bros., détenteur des droits de la série télévisée, a annoncé l’arrêt de la vente de tous les produits dérivés, y compris les jouets et les miniatures, arborant le drapeau des États confédérés. Peu après, Bubba Watson, propriétaire de la « LEE 1 », a déclaré qu’il ferait repeindre le toit de sa voiture pour remplacer le drapeau confédéré par un drapeau américain, une décision qui a divisé les fans.

Les autres véhicules emblématiques de Hazzard

La Dodge Monaco du shérif Rosco Coltrane

La General Lee ne serait rien sans un adversaire à sa mesure. Ce rôle revenait aux voitures de police du comté de Hazzard, et plus particulièrement à la Dodge Monaco County Sheriff de 1977 conduite par le malheureux shérif Rosco Coltrane. Cette berline massive, avec ses gyrophares et ses étoiles de shérif, était l’antithèse de la Dodge Charger agile. Lourde et gourmande en carburant (sa consommation avoisinait les 30 litres aux 100 km), elle était la victime désignée de la plupart des cascades et finissait souvent dans un fossé.

Le rôle des voitures de police dans les poursuites

Les voitures de police, principalement des Dodge Monaco et des Plymouth Fury, étaient des personnages à part entière dans « Shérif, fais-moi peur ». Leur destruction comique était une signature de la série. Tout comme pour la General Lee, la production a dû utiliser un nombre impressionnant de ces véhicules, sacrifiés sur l’autel du spectacle. Elles symbolisaient l’autorité maladroite de Boss Hogg et Rosco, systématiquement ridiculisée par l’ingéniosité des cousins Duke et la puissance de leur voiture mythique de la série.

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